miércoles, 24 de septiembre de 2014

FRANÇOIS VILLON et le motif littéraire de l'UBI SUNT

Ballade des Dames du temps jadis

Dites-moi où, n'en quel pays,
Est Flora la belle Romaine,
Archipiades, ne Thaïs,
Qui fut sa cousine germaine,
Echo, parlant quant bruit on mène
Dessus rivière ou sur étang,
Qui beauté eut trop plus qu'humaine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Où est la très sage Héloïs,
Pour qui fut châtré et puis moine
Pierre Esbaillart à Saint-Denis ?
Pour son amour eut cette essoine.
Semblablement, où est la roine
Qui commanda que Buridan
Fût jeté en un sac en Seine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

La roine Blanche comme un lis
Qui chantait à voix de sirène,
Berthe au grand pied, Bietrix, Aliz,
Haramburgis qui tint le Maine,
Et Jeanne, la bonne Lorraine
Qu'Anglais brûlèrent à Rouen ;
Où sont-ils, où, Vierge souvraine ?
Mais où sont les neiges d'antan ?

Prince, n'enquerrez de semaine
Où elles sont, ni de cet an,
Que ce refrain ne vous remaine :
Mais où sont les neiges d'antan 

Ici vous pouvez écouter la versión chantée par Eva Dénia Trio represenant l'originale de Georges Brassens.
Dans ce lien vous pouvez lire une interprétation du poème mais aussi des noms et mots anciens disparus dont il faut avoir un peu d'érudition pour les comprendre:  VILLONLa ballade développe le motif littéraire UBI SUNT, une locution latine signifiant "où sont  (-ils ils)".
 Elle est issue du latin ubi sunt qui antes nos fuerunt? " signifiant où sont passés ceux qui nous précédèrent ?".
Par extension, l'ubi sunt désigne un thème littéraire où l'auteur s'interroge sur la survie des grands personnages du passé qui sont morts, thème présent en particulier au Moyen Âge.

miércoles, 10 de septiembre de 2014

LE TRANSPORT URBAIN DU FUTUR?


Société

Plaidoyers pour la bicyclette

par Philippe Descamps, septembre 2014
(extrait de Le Monde Diplomatique)
Présentant le nouveau vélo en libre-service de Lille, dont elle est la maire, Mme Martine Aubry eut cette remarque révélatrice en réponse aux photographes qui l’invitaient à monter en selle : « Ah non, c’est ridicule ! » Comme la plupart des décideurs politiques, beaucoup voient dans la bicyclette un engin sympathique et convivial, mais... pour les autres. Au mieux, ils la réservent aux loisirs, mais ils ne la considèrent pas comme un moyen de transport journalier amené à se développer.
Journaliste et blogueur, Olivier Razemon tente de convaincre que le vélo redevient au contraire le mode de déplacement le plus efficace pour l’essentiel de nos trajets quotidiens : entre cinq cents mètres et dix kilomètres (1). Alors que certains maires élus en mars dernier (à Thionville, Pau, Béthune) défendent le retour de la voiture, supprimant des pistes cyclables ou des rues piétonnes (2), la « transition cyclable » recèlerait des vertus non seulement pour la santé de nos corps et de nos villes, mais aussi pour le budget des collectivités et le lien social.
Si le vélo a tant de mérites, pourquoi ne représente-t-il que 3 % des déplacements en France, soit environ dix fois moins qu’aux Pays-Bas, en Hongrie ou au Danemark ? L’économiste Frédéric Héran cherche l’explication dans l’histoire des déplacements en Europe (3). L’apparition de la bicyclette, au XIXe siècle, et sa facilité d’usage ouvrirent une ère de « liberté de mouvement sans pareille », qui fit également beaucoup pour « l’émancipation des femmes ». Mais, après la période faste des années 1930, vinrent les « trente glorieuses », marquées partout par le déclin du vélo, jusqu’au milieu des années 1970 : « Certains pays ou régions, comme les Pays-Bas, l’Allemagne, le Danemark, la Flandre, la Suisse alémanique et l’Italie du Nord, parviennent à stopper l’effondrement d’après-guerre et même à redresser durablement la situation. D’autres, comme la France, le Royaume-Uni et l’Espagne, voient au contraire l’usage du vélo utilitaire repartir à la baisse jusqu’à devenir confidentiel. »
En France, l’insuccès de la bicyclette doit beaucoup à la promotion du deux-roues... à moteur. L’attractivité du Vélosolex ou de la Mobylette fut favorisée par une législation fort peu contraignante (âge, port du casque, vitesse), malgré un nombre d’accidents considérable. Dans des villes conçues pour les voitures, le vélo ne reviendra pas sans une remise en question radicale de la gestion des déplacements : « Les cyclistes,écrit Héran, ont bien du mal à respecter un code de la route et des plans de circulation qui ne sont manifestement pas faits pour eux. »Les élus locaux se contentent au mieux d’une politique d’affichage de kilomètres de pistes cyclables déconnectée des besoins : « Ces pseudo-réseaux se révèlent inutilisables par les cyclistes, qui se heurtent sans cesse à des difficultés non traitées : carrefours dangereux, radiales ou boulevards sans aucun aménagement, coupures liées à des autoroutes et voies rapides urbaines... »
Seule la réduction de l’usage de la voiture par des restrictions de la circulation, de la vitesse et du stationnement s’avère pertinente aux yeux de l’auteur. Ces mesures ont montré leur efficacité en Europe du Nord. A Berlin, la pratique du vélo a doublé en vingt ans. A Münster, on se déplace davantage ainsi (38 %) qu’en voiture (36 %). A Copenhague, le nombre de cyclistes a quadruplé entre 1975 et 2005 grâce... aux difficultés financières de la ville, qui a préféré les aménagements cyclables, bien moins coûteux que les autres. La part modale du vélo y atteint déjà 35 %. La capitale danoise compte lui faire atteindre les 50 % en 2020 et fourmille d’innovations conçues en étroite concertation avec les associations d’usagers. Les Pays-Bas avaient montré le chemin dès les années 1970 en apportant une démonstration éclairante qui répondait aux craintes les plus communes : « Plus les cyclistes ou les piétons sont nombreux, moins ils sont victimes d’accidents. »
Philippe Descamps
Journaliste.

miércoles, 27 de agosto de 2014

QUESTIONNAIRE DE MARCEL PROUST




On va jouer à nous connaître un peu mieux avec ce fameux questionnaire dont le nom procède des réponses que le célèbre écrivain donna dans son adolescence en adaptant un jeu anglais appelé Confessions et qui date au moins de 1860. Il est devenu si connu que l'animateur de télévision le récupéra pour en finir ses entretiens avec des écrivains dans l'émission  Bouillon de culture.
 


(cliquer sur la photo pour aller à la biographie)


Les questions
1. Le principal trait de mon caractère ? 
2. La qualité que je préfère chez un homme ? 
3. La qualité que je préfère chez une femme ? 
4. Ce que j'apprécie le plus chez mes amis ? 
5. Mon principal défaut ? 
6. Mon occupation préférée ? 
7. Mon rêve de bonheur ? 
8. Quel serait mon plus grand malheur ? 
9. Ce que je voudrais être ? 
10. Le pays où je désirerais vivre ? 
11. La couleur que je préfère ? 
12. La fleur que j'aime ? 
13. L'oiseau que je préfère ? 
14. Mes auteurs favoris en prose ? 
15. Mes poètes préférés ? 
16. Mes héros favoris dans la fiction ? 
17. Mes héroïnes favorites dans la fiction ? 
18. Mes compositeurs préférés ? 
19. Mes peintres favoris ? 
20. Mes héros dans la vie réelle ? 
21. Mes héroïnes dans l'histoire ? 
22. Mes noms favoris ? 
23. Ce que je déteste par-dessus tout ? 
24. Personnages historiques que je méprise le plus ? 
25. Le fait militaire que j'estime le plus ? 
26. La réforme que j'estime le plus ? 
27. Le don de la nature que je voudrais avoir ? 
28. Comment j'aimerais mourir ? 
29. État d'esprit actuel ? 
30. Fautes qui m'inspirent le plus d'indulgence ? 
31. Ma devise ? 

martes, 29 de julio de 2014

FRANCE CULTURE: On écoute Robert Doisneau et les souvenirs de sa petite-fille


Ecoutez l'émission59 minutes

Robert Doisneau 1/2

26.07.2014 - 14:00 Ajouter à ma liste de lecture
Une émission de Clémentine Deroudille, réalisée par Mydia Portis-Guerin

Avec des lectures de François Morel, Guillaume Poix et des archives issues du cd "Robert Doisneau, le braconnier de l'éphémère"


Autoportrait Robert Doisneau © Atelier Robert Doisneau


" La voix que vous venez d’entendre est celle de mon grand-père, Robert Doisneau. Cette année, cela fait vingt ans qu’il est mort. Cet homme dont je n’arrive toujours pas à adresser un patronyme convenable, que je nomme « papi » à 40 ans.  Cet artiste dont les images n’en finissent pas de faire le tour de la Terre, qui est entré dans les livres d’histoire par inadvertance, connu par tous, célébré partout.
On me demande souvent « Comment était-il ? L’as tu bien connu ? L’as tu suivi dans ses reportages? »
Oui je l’ai si bien connu que pas une seule journée jusqu’à mes vingt ans ne s’est passée sans lui. J’exagère à peine.
Mon enfance en 24x36 comme celle de ma mère, de ma tante et de ma famille entière n’a pas été épinglée dans des grands albums mais rangée dans des grands tiroirs en fer, dans des classeurs et partagée ensuite dans des livres, des films et des expositions à travers le monde. En feuilletant ce faux album de famille, je voudrais dans l’espace de ces deux heures, parcourir avec vous la vie et l’oeuvre, indissociable, de cet humaniste forcené, amoureux des êtres et des lieux et ainsi montrer que derrière l’image carte postale dans laquelle on a parfois voulu l’enfermer, Robert Doisneau valait mieux que cela, lui, devenu sans en avoir l’air, l’un des plus grands photographes du siècle dernier..."


Les marguerites © Atelier Robert Doisneau
Biographie de Robert Doisneau :
Robert Doisneau est né en 1912 à Gentilly, en banlieue parisienne.
Jeunesse grise derrière les rideaux de macramé d'une famille petite-bourgeoise, il apprend à 15 ans le métier de graveur lithographe à l'école Estienne et entre dans la vie active en dessinant des étiquettes pharmaceutiques. 
C'est chez André Vigneau, dont il devient le jeune opérateur en 1931, qu'il découvre le monde de la création artistique qui l'animera désormais. Quatre années au service publicité des usines Renault soldées par un licenciement pour retards répétés, lui permettent d'accéder au statut convoité de photographe indépendant.
La guerre éclate alors mettant un frein brutal à ses projets. Dans l'euphorie des années d'après-guerre, bien qu'il soit quotidiennement soumis à la commande pour des raisons matérielles, il accumule les images qui feront son succès, circulant obstinément « là où il n'y a rien à voir », privilégiant les moments furtifs, les bonheurs minuscules éclairés par les rayons du soleil sur le bitume des villes.
Quand il meurt en Avril 1994, il laisse derrière lui quelques 450 000 négatifs qui racontent son époque avec un amusement tendre et bienveillant qui ne doit toutefois pas masquer la profondeur de la réflexion, la réelle insolence face au pouvoir et à l'autorité et l'irréductible esprit d'indépendance.

Musiques :
 - Jean Yatove, Traffic  (B.O Traffic)
- Franck Barcellini, Mon oncle (B.O Mon oncle)
- Claude Debussy, Prélude à l'après-midi d'un faune
- Erik Satie, Gymnopédie n°3
- Alexandre Desplat, As time goes by
- Yvinek, Un appareil photographique
- Michael Kamen, Central services The office  (B.O Brazil)
- Danny Elfman, Photos
- Richard Robbins, The photograph
- Jean Yatov, Chanson des forains  (B.O Jour de fête)
- Alain Romans, Quel temps fait-il à Paris ?  (B.O Les vacances de Monsieur Hulot)
- Jean-Jacques Milteau, Rue Doisneau
- Cahn, Pete Kelly's blues
- Bertrand Burgalat, Séance photo
- Django Reinhardt, Nuages
- Jerry Goldsmith, Basic instinct
- Angelo Badalamenti, Moving through time  (B.O Twin Peaks)

Chansons :
 - Les Frères Jacques,  C'que c'est beau la photographie
- Aldebert, L'album photo
- Joe Cocker, You can leave your hat on
- Vincent Delerm, Sepia plein les doigts
- David Mac Neil, Les photos de Doisneau

Le baiser de l'hôtel de ville © Atelier Robert Doisneau

Invité(s) :
Clémentine Deroudille, journaliste, auteur, éditrice.

martes, 8 de julio de 2014

LES TOPONYMES AU TEMPS DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

LES VILLES QUI CHANGÈRENT LEUR NOM PENDANT LA RÉVOLUTION 


Vienne-la-Patriote, Berceau-de-la-Liberté, Bains-sur-Seine... Ces noms de ville ne vous disent rien ? C'est normal. Il s'agit des toponymes donnés à Vienne, Versailles et Saint-Ouen pendant la Révolution française, puis annulés, il y a très exactement deux cents ans, le 8 juillet 1814, par un décret de Louis XVIII.
Le site du Parisien a reconstitué, à l'aide de l'Index des noms révolutionnaires des communes de France, de Roger de Figuières, la carte des villes de France au temps de la Révolution.
Plusieurs raisons expliquent ce changement de nom (qui concerne plus de trois mille villes), explique le quotidien régional :
  • Les communes ayant un nom religieux l'ont changé pour une appellation laïque ou républicaine. Exemple : La Villedieu (Charente-Maritime) fut renommée "La Carmagnole".
  • Les noms de commune faisant référence à la monarchie ou à la noblesse ont été modifiés. Exemple : Martigny-le-Comte (Saône-et-Loire) est devenu "Martigny-le-Peuple".
  • Enfin, certaines villes ont été "punies", parce qu’elles s'étaient soulevées contre le parti de Robespierre. Exemple : Marseille rebaptisée... "Commune-Sans-Nom" !
Et votre ville, comment s'appelait-elle pendant la Révolution ?

lunes, 23 de junio de 2014

MARIE BONAPARTE, un personnage exceptionnel


(Saint-Cloud, 2 juillet 1882 - Saint-Tropez, 1962)


Marie Bonaparte est née dans un milieu aristocratique mais la manque d'affection depuis sa petite enfance fît d'elle une personnalité hystérique et incapable de jouissance.
Sa forte personnalité et son désir de se remettre de ses crises lui firent essayer toute sorte de thérapies, même la chirurgie, jusqu'à qu'un ami très proche lui parle de Sigmund Freud et la méthode psychanalytique. Sans crainte de rien, Marie Bonaparte se livrera à une longue thérapie qui marquera un point incontournable dans sa vie et dans celle de ses proches (notamment son mari le prince de Grèce, qui lui donne le titre royal, et ses deux enfants), mais aussi dans celle de Freud et sa famille puisque ce sera Marie qui fera tout pour épargner à Freud de la menace des nazies.

D'abord patiente et après psychanalyste, son oeuvre a analysée la sexualité féminine.

Son regard nous parle de sa perspicacité. (Photo: Gisèle Freund)
Sigmund Freud tient par le bras Marie Bonaparte, qui est allée le recevoir à Paris, après avoir payé aux nazies une rançon pour que les Freud puissent quitter l'Autriche.

Ici, vous avez le lien au téléfilm tourné en 2004 et dont la protagoniste a été l'excellente actrice Catherine Deneuve. Les traits les plus intéressants sont les données historiques et la contextualisation de l'histoire personnelle et sociale de la princesse qui est devenue psychanalyste après avoir été l'une des patientes auxquelles Freud s'est le plus attaché.