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domingo, 9 de noviembre de 2014

HISTOIRE DE FRANCE : PARIS SOUS L'OCCUPATION

L'Amour sous l'Occupation
Texte: Lisa Dermer
Traduction: Joana Furió


La France était occupée par Allemagne en 1940 et restée occupée pendant presque toute la deuxième guerre mondiale, jusqu’à 1944.
 Plusieurs artistes ont fui le pays, mais ceux qui sont restés ont crée un registre valable d’un peuple opprimé. Robert Doisneau, Edith Piaf, et Louis Aragon étaient toutes artistes parmis ces artistes en France pendant l’Occupation.

Blog de angor :Phot-image, DOISNEAU  -  2570 - PARIS  sous  l'occupation - 1942Doisneau était photographe, Piaf était chanteuse, et Aragon était écrivain. Doisneau et Aragon étaient résistants : Doisneau travaillait pour la presse clandestine, et Aragon a fait partie du maquis à Vercors. Doisneau, Piaf, et Aragon restaient en France et continuaient à composer leur art respectif. Alors, ils exprimaient les sentiments du peuple de Paris et de la France pendant l’Occupation. Ils ont montré que l’amour et la joie de vivre continuaient en face de la déshumanisation. Les chansons d’Edith Piaf, les photos de Doisneau, et la poésie d’Aragon suggèrent les effets de l’Occupation et comment l’amour survivait pendant la guerre. Ils montrent que l’amour n’était pas un havre où on pouvait oublier le monde tragique ; l’amour était touché par les effets de la haine. Pourtant, ces artistes expriment que le peuple de la France pouvait communiquer avec l’amour quand il étaient étouffé par l’haine.

En 1940 Francia estaba ocupada por Alemania y permaneció ocupada durante casi toda la segunda guerra mundial, hasta 1944. Muchos artistas huyeron del país, pero quienes permanecieron en él crearon un registro válido de un pueblo oprimido. Robert Doisneau, Edith Piaf y Louis Aragon son una muestra de los que se quedaron en Francia durante la Ocupación. Doisneau era fotógrafo,  Piaf cantante y Aragon escritor y poeta. Los dos hombres pertenecían a la Resistencia: Doisneau trabajaba para la prensa clandestina, y Aragon formaba parte del maquis de Vercors.
Doisneau, Aragon y Piaf permanecieron en Francia y siguieron creando sus obras en sus respectivas artes. Por eso puede decirse que expresaban el sentimiento del pueblo de París y de toda Francia durante la Ocupación. Demostraron que el amor y la alegría de vivir seguían vigentes frente a la deshumanización. Las canciones de Edith Piaf, las fotografías de Doisneau y la poesía de Aragon sugieren los efectos de la Ocupación y cómo el amor sobrevivió a lo largo de la guerra. Muestran que el amor no era un puerto seguro en el que uno podía evadirse de la tragedia del mundo; el amor también se veía afectado por los efectos del odio.  Sin embargo, esos artistas ponían de manifiesto que el pueblo francés podía comunicarse a través del amor cuando en la realidad se veía sofocado por el odio.




Robert Doisneau nous présente une image éternelle de l’amour en face des tragédies et des souffrances avec sa photo L’amour sous l’occupation. Doisneau est né en 1912, il était soldat pendant la deuxième guerre mondiale jusqu’à ce qu’il doive quitter l’armée à cause d’une maladie qu’on craignait être la tuberculose. Ce départ est devenu permanent à cause de l’occupation de la France par les Allemands en 1940. Doisneau aimait les optiques de la vie ordinaire et y trouvait la beauté. Au lieu de chercher un instant décisif, une combinaison de structure et action qu’il faut chasser, Doisneau s’appelait un « pêcheur des images ». Ses photographies créent des récits sujets à interprétation. Il ne préférait prendre ni la violence ni la haine ni la pauvreté en photo. Donc quand il est resté à Paris pendant l’occupation de 1940 à 1944, il a choisi de photographier les citoyens de Paris. Comme le flâneur décrit par Baudelaire, il observait et enregistrait les rues de la ville. Il préférait des œuvres plus difficiles à faire que celles du désespoir, où « the combination of creativity, chance, play, even désobéissance, contrives to produce a magical effect » (Hamilton 30). Ainsi L’amour sous l’occupation est sans doute une photo de la période de l’occupation, cependant son sujet n’est pas l’oppression du peuple français mais comment ils se sont débrouillés sous l’occupation.

Robert Doisneau nos presenta una imagen eterna del amor frente a las tragedias y sufrimientos con su fotografía El amor bajo la Ocupación. Doisneau había nacido en 1912, fue soldado durante la IIGM hasta que se vio obligado a abandonar el ejército a causa de una enfermedad, que se temía fuese tuberculosis. Este permiso se convirtió en permanente debido a la Ocupación de Francia por Alemania en 1940. A Doisneau le gustaban las visiones de la vida cotidiana porque creía que en ésta se hallaba la belleza real. En lugar de buscar el instante decisivo, una combinación de estructura y acción que hay que atrapar, Doisneau se consideraba un "pescador de imágenes". Sus fotografías crean historias que se someten a una interpretación. No estaba entre sus preferencias temáticas ni la violencia ni el odio ni la pobreza. Por eso, cuando se vio obligado a permanecer en París durante la Ocupación de 1940 a 1944, eligió fotografiar a los ciudadanos de París. Al igual que el paseante (flâneur) descrito por Baudelaire, el fotógrafo observaba y registraba en imágenes las calles de la ciudad. Prefería crear obras más difíciles que aquellas en las que se representaba la desesperación; en ellas "la combinación de creatividad, suerte, juego,e incluso desobediencia contribuye a crear un efecto mágico." (Hamilton 30). "El amor bajo la Ocupación" es sin duda una foto de esa época, aunque el tema no sea la opresión del pueblo francés sino cómo se desenvuelven bajo la Ocupación.

La composition d’éclairage, structure, et couleur suggère un récit sur le couple dans la photo : leur lutte présente, leur futur indistinct, et les événements qui les ballottent. Au premier plan, on trouve une barricade de fil de fer barbelé qui est la seule indication de la turbulence du monde extérieur de la photo, elle rappelle l’horreur des camps de concentration et de la guerre de tranchées. Derrière la barricade il y a un chemin long et large, qui aboutit à un immeuble indistinct. La géométrie de la photo attire l’œil jusqu’à la fin du chemin. La rangée d’arbres, le chemin, le mur, et le ciel tous avancent vers ce point d’òu leurs lignes semblent rayonner. Il semble que le chemin soit une métaphore pour le passage de temps, et le monde avance vers quelque chose. On peut voir qu’elle existe, quoique sa forme soit floue.

La composición de la iluminación, estructura y color sugieren la existencia de una historia relacionada con la pareja de la foto: su lucha presente, su futuro incierto y los acontecimientos que los sacuden. En primer plano vemos una barricada de alambre de espino, que es la única indicación de la turbulencia del mundo exterior a la foto, nos recuerda el horror de los campos de concentración y de la guerra de trincheras. Detrás de la barricada hay un camino largo y ancho que conduce a una edificación imprecisa. La geometría de la foto atrae al ojo para que siga al final del camino. La hilera de árboles, el camino, el muro y el cielo avanzan hacia ese punto desde donde parecen brillar sus líneas. Parece como si el camino fuese una metáfora del paso del tiempo y el mundo avanza hacia cualquier cosa. Podemos ver que existe, por más que su forma esté borrosa.

La scène est manifestement parisienne, en fait elle se trouve dans le célèbre jardin des Tuileries. À chaque côté du chemin il y a une rangée d’arbres, quoiqu’à la gauche un mur bas la sépare du chemin. Les arbres sont parfaitement alignés et droits, presque régimentés ; ils ressemblent à une file de soldats. Comme ils sont derrière les amants qui sont le sujet de la photo, ils semblent les regarder en secret, comme des agents cachés du gouvernement. Quoiqu’ils représentent la nature sur la photo, leur présence est menaçante et leur ordre parfait n’est pas naturel. Les troncs des arbres se retrouvent dans les planches qui forment la barricade en bas de la photo. Ainsi le bois forme un cadre à trois côtés de la photo, mais elle est ouverte en haut où elle termine avec le ciel. Comme la photo est en noir et blanc, ce triangle de ciel apparaît presque blanc, donc il s’harmonise avec la feuille blanche sur laquelle la photo est souvent présentée.

La escena es indudablemente parisina, y la prueba es que se trata del famoso jardín de las Tullerías. En cada lado del camino se aprecia una hilera de árboles, aunque a la izquierda hay un pequeño muro que los separa del camino. Los árboles están perfectamente alineados y rectos, casi marciales; se parece a una hilera de soldados. Al hallarse detrás de los amantes que son el tema de la foto, parecen estar contemplándolos en secreteo, como agentes ocultos del gobierno. Aunque son la representación de la naturaleza en la foto, su presencia es amenazadora y el orden perfecto no es nada natural. Los troncos de los árboles tienen un eco en las planchas que forman la barricada en la parte inferior de la fotografía. La madera forma un marco en los tres lado de la foto, pero se encuentra abierta por arriba, donde termina en el cielo. Como es una foto en b/n, ese triángulo de cielo parece casi blanco, y halla un reflejo armónico con la hoja blanca sobre la que suele presentarse la fotografía. 

Ceci renforce l’apparence d’une photo ouverte et lumineuse. Le ciel est la seule source de lumière dans la photo, donc l’éclat semble s’élargir vers la feuille de papier. La photo est donc très claire d’une lumière naturelle. À la gauche du couple il y a une lampe à gaz qui n’est pas allumée. Elle représente la technologie, mais sur la photo elle est inutile : le soleil éclaire la scène. Ainsi elle montre l’inutilité et la futilité de la société. Derrière les arbres à gauche de la photo, on peut voir à travers leurs troncs un fleuve et son autre bord. Il reflète un pont entre les deux bords. Le thème de la photo se retrouve dans ce pont, qui à la fois unit et sépare les bords, comme le couple est unis mais aussi séparé du monde. Le courant du fleuve semble représenter le monde qui change très vite autour de la scène calme. L’eau passe par les arches ouvertes du pont, qui reste en place : comme le couple, il a la fortitude de résister du changement.

Con esto se refuerza la apariencia de una foto abierta y luminosa. El cielo es la única fuente iluminación en la foto, por lo que el resplandor parece ampliarse hacia la hoja de papel. La foto es muy clara gracias a la luz natural. A la izquierda de la pareja hay una farola de gas apagada. Representa la tecnología, pero en la foto resulta inútil porque es el sol el que ilumina la escena. Así se muestra la inutilidad y la futilidad de la sociedad. Detrás de los árboles a la izquierda de la fotografía podemos ver a través de los árboles un río y su otra orilla. En él se refleja un puente entre ambas orillas. El tema de foto se repite en ese puente, que une y separa a la vez las orillas, del mismo modo que la pareja está unida y a la vez separada del mundo. La corriente del río parece representar el mundo que cambia muy deprisa alrededor de la escena en calma. El agua pasa por los arcos abiertos del puente, que permanece en su lugar: como la pareja, tiene la fortaleza de resistir. 

Deux croix faites de planches font un espace dans la barricade et au-dessus forment un cadre pour les deux amants qui sont le sujet de la photo. Ils sont assis près de la barricade, de l’autre côté du photographe. Ils sont habillés en couleurs sombres et avec des vêtements formels, ils ne sont ni vieux ni jeunes : ils sont ordinaires. Les deux sont seuls dans la photo, on voit à mi-chemin une table et des chaises vides. Leur solitude est palpable ; il semble que le photographe est un intrus dans un moment privé. Le couple reste sur deux chaises qu’on voit de profil. Les pieds de leurs chaises sont des croix en fers, les lignes ressemblent aux planches croisées de la barricade. Les croix renforcent l’impression d’un arrêt au premier plan de la photo et rappellent le symbole de la souffrance des chrétiens. 


Dos cruces hechas con troncos de madera crean un espacio en la barricada, formando por encima un marco para los dos amantes protagonistas de la foto. Ellos están sentados cerca de la barricada, del otro lado del fotógrafo. Visten con colores oscuros y estilo formal, no son ni viejos ni jóvenes: son normales y corrientes. Aparecen solos en la imagen, a medio camino se distingue una mesa y unas sillas vacías. Su soledad es palpable, parece como si el fotógrafo fuese un intruso en un momento íntimo. La pareja permanece sentada en sendas sillas que vemos de perfil. Las patas de sus sillas son cruces de hierro y sus líneas se parecen a las de los troncos cruzados de la barricada. Las cruces refuerzan la impresión de un stop en el primer plano de la foto y recuerdan al símbolo del sufrimiento de los cristianos. 

Sur les chaises, l’homme est derrière et la femme devant, il la tient des deux mains et elle s’incline vers lui, en se cachant la figure dans son épaule. Donc on ne voit que la figure de l’homme. Il a les yeux fermés, et sa bouche forme un sourire doux et tendre. Ils semblent se consoler. Une valise et un sac sont par terre devant les chaises et un sac à main est accroché à la chaise de la femme. Ces possessions suggèrent un voyage, en contraste avec le couple complètement immobile. Ces affaires semblent rester en désordre, n’importe comment, mais les amants sont élevés sur leurs chaises et ainsi isolés de leurs possessions. 


El hombre está sentado detrás y la mujer delante. Él le coge ambas manos mientras que ella se inclina hacia él, escondiendo el rostro en su hombro, por lo que solo vemos el rostro del enamorado. Éste mantiene los ojos cerrados, la boca forma una sonrisa dulce y tierna. Parecen estar consolándose mutuamente. En el suelo, delante de las sillas, vemos una maleta y una bolsa, y un bolso de mano aparece colgado de la silla donde se sienta la mujer. Estas posesiones sugieren un viaje, en contraste con la pareja que está totalmente inmóvil. Esos objetos parecen en desorden, sin importar cómo, pero los amantes están elevados en sus sillas y de esta forma se ven aislados de sus posesiones.

Leurs chaises sont parfaitement en ligne, donc on ne peut voir qu’un peu des pieds de la chaise de l’homme : il semble qu’il flotte à côté de la femme. Cela renforce sa manière paisible et angélique. Leur étreinte ressemble à celle d’un père et de son enfant, il la protège. Leur pose crée une régularité de couleur : le blanc des mains et de la chemise de l’homme, et les jambes et mouchoir de la femme, coupent le noir de leurs vêtements. La juxtaposition des couleurs les rendent frappants sur la photo, et attire l’attention de la visionneuse. Le couple semble avoir traversé la barricade pour obtenir cette époque tranquille où ils n’ont que leur amour pour se soutenir.

Sus sillas están perfectamente alineadas, por lo que no podemos ver más que una sola de las patas de la silla del hombre: parece flotar junto a la mujer. Ese detalle refuerza su estilo apacible y angelical. Su abrazo se asemeja al de un padre a su hijo, él la protege. Su pose crea una regularidad de color: el blanco de las manos y de la camisa del hombre, y las piernas y el pañuelo de la mujer cortan el negro de su indumentaria. La yuxtaposición tonal resultan impactantes en la fotografía y atrae la atención de quien mira. La pareja parece como si hubiese atravesado la barricada para obtener ese momento tranquilo en el que sólo cuentan con su amor como punto de apoyo. 


Doisneau prenait plusieurs photos de Paris sous l’occupation, mais à cause du prix du matériel il fallait économiser. Donc pendant ce temps, il employait des modèles et fabriquait des scènes pour photographier (Hamilton 96). Il est probable qu’il a construit cette scène avec l’intention de montrer l’amour sous l’occupation. Doisneau montrait la vie quotidienne des Parisiens pendant cette période, mais ici il présente un testament à l’amour qui pouvait aider les gens à continuer la vie quotidienne. En face de leur pays occupé, représenté par le fil de fer barbelé, et les changements dans leur vie, représentée par leurs sacs et l’écoulement du fleuve, ce couple trouve un instant de paix et solitude dans un coin inchangé de la ville. Le chemin symbolise leur futur indistinct à travers la guerre. Il est vide dans la photo, à ce moment on ne sait pas qui vivra dans le futur proche. Les amants ne savent qu’ils avanceront ensemble. La barricade semble être un bref instant sur le chemin de leur vie. Donc la photo a un message d’espoir et montre l’optimisme de Doisneau. L’occupation finira et la ville sera la même. L’amour durera à travers l’occupation et dans toutes les situations difficiles du monde. Le point de vue du photographe et pour des gens qui voient la photo est de l’autre côté de la barricade du couple. Donc la scène est vraiment une vision d’espoir pour le futur, vue par les Français sous l’occupation.



PARIS, sous l'occupation....( Robert Doisneau )PARIS, sous l'occupation....( Robert Doisneau )

Doisneau tomó varias fotografías de París bajo la Ocupación, pero el precio del material lo obligaba a ahorrar en película. Por eso, durante esa época empleó modelos y montaba las escenas que iba a retratar (Hamilton 96)Es probable que montara esta misma escena con la intención de mostrar el amor en esa dura época. Doisneau mostraba la vida cotidiana de los parisinos en ese momento, pero también un homenaje al amor que podía ayudar a la gente a proseguir con su vida cotidiana. Frente a su país ocupado, representado por la alambrada, y los cambios en sus vidas, representados por sus bolsos y el fluir del río, esa pareja halla un instante de paz y soledad en un rincón inmutable de la ciudad. El camino simboliza su futuro indefinido en el transcurso de la guerra. En la foto aparece vacío, en ese momento no se puede saber quién vivirá en un futuro próximo. Los amantes no saben que avanzarán juntos. La barricada parece un simple obstáculo en el camino de sus respectivas vidas. Por eso la fotografía contiene un mensaje de esperanza y hace gala del optimismo de Doisneau. La Ocupación terminará y la ciudad volverá a ser la que era. El amor durará a través de la Ocupación y en todas las situaciones difíciles del mundo. La perspectiva del fotógrafo y la de quienes contemplan la foto se halla al otro lado de la barricada donde se encuentra la pareja. Esto reafirma que se trata de una visión de esperanza en el futuro, el que tendrán los franceses que ahora se encuentran bajo el yugo de la Ocupación.

martes, 8 de julio de 2014

LES TOPONYMES AU TEMPS DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE

LES VILLES QUI CHANGÈRENT LEUR NOM PENDANT LA RÉVOLUTION 


Vienne-la-Patriote, Berceau-de-la-Liberté, Bains-sur-Seine... Ces noms de ville ne vous disent rien ? C'est normal. Il s'agit des toponymes donnés à Vienne, Versailles et Saint-Ouen pendant la Révolution française, puis annulés, il y a très exactement deux cents ans, le 8 juillet 1814, par un décret de Louis XVIII.
Le site du Parisien a reconstitué, à l'aide de l'Index des noms révolutionnaires des communes de France, de Roger de Figuières, la carte des villes de France au temps de la Révolution.
Plusieurs raisons expliquent ce changement de nom (qui concerne plus de trois mille villes), explique le quotidien régional :
  • Les communes ayant un nom religieux l'ont changé pour une appellation laïque ou républicaine. Exemple : La Villedieu (Charente-Maritime) fut renommée "La Carmagnole".
  • Les noms de commune faisant référence à la monarchie ou à la noblesse ont été modifiés. Exemple : Martigny-le-Comte (Saône-et-Loire) est devenu "Martigny-le-Peuple".
  • Enfin, certaines villes ont été "punies", parce qu’elles s'étaient soulevées contre le parti de Robespierre. Exemple : Marseille rebaptisée... "Commune-Sans-Nom" !
Et votre ville, comment s'appelait-elle pendant la Révolution ?

lunes, 23 de junio de 2014

MARIE BONAPARTE, un personnage exceptionnel


(Saint-Cloud, 2 juillet 1882 - Saint-Tropez, 1962)


Marie Bonaparte est née dans un milieu aristocratique mais la manque d'affection depuis sa petite enfance fît d'elle une personnalité hystérique et incapable de jouissance.
Sa forte personnalité et son désir de se remettre de ses crises lui firent essayer toute sorte de thérapies, même la chirurgie, jusqu'à qu'un ami très proche lui parle de Sigmund Freud et la méthode psychanalytique. Sans crainte de rien, Marie Bonaparte se livrera à une longue thérapie qui marquera un point incontournable dans sa vie et dans celle de ses proches (notamment son mari le prince de Grèce, qui lui donne le titre royal, et ses deux enfants), mais aussi dans celle de Freud et sa famille puisque ce sera Marie qui fera tout pour épargner à Freud de la menace des nazies.

D'abord patiente et après psychanalyste, son oeuvre a analysée la sexualité féminine.

Son regard nous parle de sa perspicacité. (Photo: Gisèle Freund)
Sigmund Freud tient par le bras Marie Bonaparte, qui est allée le recevoir à Paris, après avoir payé aux nazies une rançon pour que les Freud puissent quitter l'Autriche.

Ici, vous avez le lien au téléfilm tourné en 2004 et dont la protagoniste a été l'excellente actrice Catherine Deneuve. Les traits les plus intéressants sont les données historiques et la contextualisation de l'histoire personnelle et sociale de la princesse qui est devenue psychanalyste après avoir été l'une des patientes auxquelles Freud s'est le plus attaché. 




jueves, 3 de abril de 2014

UN DISCOURS INOUBLIABLE SUR L'ABOLITION DE LA PEINE DE MORT EN FRANCE

Saviez-vous que la France, la patrie des Droits de l'Homme, n'a pas aboli la peine de mort que l'anné 1981? C'est grâce à la persévérance d'un grand nombre de personnes de tous les secteurs de la société que cette énorme erreur a été corrigé.
Mais il faut dire que si la lutte a un nom, c'est celui de M. Robert Badinter, garde de sceaux, ministre de Justice, chargé de présenter devant l'Assemblée Nationale, la proposition d'un débat pour son abolition. Exemple d'éloquence et richesse linguistique et culturel, allons le lire et regarder le vidéo qui immortalise ce moment.




Robert Badinter. Discours sur l'abolition de la peine de mort.
Image du manuscrit du discours sur la peine de mort qui se conserve à la BNP

LE DISCOURS
« L'abolition de la peine de mort »
Discours à l’Assemblée nationale : 17 septembre 1981


M. le garde des sceaux. Monsieur le président, mesdames, messieurs les députés, j'ai l'honneur, au nom du Gouvernement de la République, de demander à l'Assemblée nationale l'abolition de la peine de mort en France.
En cet instant, dont chacun d'entre vous mesure la portée qu'il revêt pour notre justice et pour nous, je veux d'abord remercier la commission des lois parce qu'elle a compris l'esprit du projet qui lui était présenté, et plus particulièrement, son rapporteur, M. Raymond Forni, non seulement parce qu'il est un homme de cœur et de talent mais parce qu'il a lutté dans les années écoulées pour l'abolition. Au-delà de sa personne et, comme lui, je tiens à remercier tous ceux, quelle que soit leur appartenance politique qui, au cours des années passées, notamment au sein des commissions des lois précédentes, ont également œuvré pour que l'abolition soit décidée, avant même que n'intervienne le changement politique majeur que nous connaissons.
Cette communion d'esprit, cette communauté de pensée à travers les clivages politiques montrent bien que le débat qui est ouvert aujourd'hui devant vous est d'abord un débat de conscience et le choix auquel chacun d'entre vous procédera l'engagera personnellement.
Raymond Forni a eu raison de souligner qu'une longue marche s'achève aujourd'hui. Près de deux siècles se sont écoulés depuis que dans la première assemblée parlementaire qu'ait connue la France, Le Pelletier de Saint-Fargeau demandait l'abolition de la peine capitale. C’était en 1791.
Je regarde la marche de la France.
La France est grande, non seulement par sa puissance, mais au-delà de sa puissance, par l'éclat des idées, des causes, de la générosité qui l'ont emporté aux moments privilégiés de son histoire.
La France est grande parce qu'elle a été la première en Europe à abolir la torture malgré les esprits précautionneux qui, dans le pays, s'exclamaient à l'époque que, sans la torture, la justice française serait désarmée, que sans la torture, les bons sujets seraient livrés aux scélérats.
La France a été parmi les premiers pays du monde à abolir l'esclavage, ce crime qui déshonore encore l'humanité.
Il se trouve que la France aura été, en dépit de tant d'efforts courageux, l'un des derniers pays, presque le dernier – et je baisse la voix pour le dire – en Europe occidentale dont elle a été si souvent le foyer et le pôle, à abolir la peine de mort.
Pourquoi ce retard ? Voilà la première question qui se pose à nous.
Ce n'est pas la faute du génie national. C'est de France, c'est de cette enceinte, souvent, que se sont levées les plus grandes voix, celles qui ont résonné le plus haut et le plus loin dans la conscience humaine, celles qui ont soutenu, avec le plus d'éloquence, la cause de l'abolition. Vous avez, fort justement, monsieur Forni, rappelé Hugo, j'y ajouterai, parmi les écrivains, Camus. Comment, dans cette enceinte, ne pas penser aussi à Gambetta, à Clemenceau et surtout au grand Jaurès ? Tous se sont levés. Tous ont soutenu la cause de l'abolition. Alors pourquoi le silence a-t-il persisté et pourquoi n'avons-nous pu aboli?
Je ne pense pas non plus que ce soit à cause du tempérament national. Les Français ne sont certes pas plus répressifs, moins humains que les autres peuples. Je le sais par expérience. Juges et jurés français savent être aussi généreux que les autres. La réponse n'est donc pas là. Il faut la chercher ailleurs.
Pour ma part, j'y vois une explication qui est d'ordre politique. Pourquoi ?
L'abolition, je l'ai dit, regroupe, depuis deux siècles, des femmes et des hommes de toutes les classes politiques et, bien au-delà, de toutes les couches de la nation.
Mais si l'on considère l'histoire de notre pays, on remarquera que l'abolition, en tant que telle, a toujours été une des grandes causes de la gauche française. Quand je dis gauche, comprenez moi, j'entends forces de changement, forces de progrès, parfois forces de révolution, celles qui, en tout cas, font avancer l'histoire. (Applaudissements sur les bancs des socialistes, sur de nombreux bancs des communistes et sur quelques bancs de l'union pour la démocratie française.)
Examinez simplement ce qui est la vérité. Regardez-la.
J'ai rappelé 1791, la première Constituante, la grande Constituante. Certes, elle n'a pas aboli, mais elle a posé la question, audace prodigieuse en Europe à cette époque. Elle a réduit le champ de la peine de mort, plus que partout ailleurs en Europe.
La première assemblée républicaine que la France ait connue la grande Convention, le 4 brumaire an IV de la République, a proclamé que la peine de mort était abolie en France à dater de l'instant où la paix générale serait rétablie.
M. Albert Brochard. On sait ce que cela a coûté en Vendée.
Plusieurs députés socialistes. Silence les Chouans !
M. le garde des sceaux. La paix fut rétablie mais avec elle Bonaparte arriva. Et la peine de mort s'inscrivit dans le Code pénal qui est encore le nôtre, plus pour longtemps, il est vrai.
Mais suivons les élans.
La Révolution de 1830 a engendré, en 1832, la généralisation des circonstances atténuantes ; le nombre des condamnations à mort diminue aussitôt de moitié.
La Révolution de 1848 entraîna l'abolition de la peine de mort en matière politique, que la France ne remettra plus en cause jusqu'à la guerre de 1939.
II faudra attendre ensuite qu'une majorité de gauche soit établie au centre de la vie politique française, dans les années qui suivent 1900, pour que soit à nouveau soumise aux représentants du peuple la question de l'abolition. C'est alors qu'ici même s'affrontèrent, dans un débat dont l'histoire de l'éloquence conserve pieusement le souvenir vivant, et Barrès et Jaurès.
Jaurès – que je salue en votre nom à tous – a été, de tous les orateurs de la gauche, de tous les socialistes, celui qui a mené le plus haut, le plus loin, le plus noblement l'éloquence du cœur et l'éloquence de la raison, celui qui a servi, comme personne, le socialisme, la liberté et l'abolition. (Applaudissements sur les bancs des socialistes et sur plusieurs bancs des communistes.)
Jaurès... (Interruptions sur les bancs de l'union de la démocratie française et du rassemblement pour la République.)
Il y a des noms qui gênent encore certains d'entre vous ? (Applaudissements sur les bancs des socialistes et des communistes.)
M. Michel Noir. Provocateur !
M. Jean Brocard. Vous n'êtes pas à la cour, mais à l'Assemblée !
M. le président. Messieurs de l'opposition, je vous en prie.
Jaurès appartient, au même titre que d'autres hommes politiques, à l'histoire de notre pays. (Applaudissements sur les mêmes bancs.)
M. Roger Corrèze. Mais pas Badinter !
M. Robert Wagner. Il vous manque des manches, monsieur le garde des sceaux !
M. le président. Veuillez continuer, monsieur le garde des sceaux.
M. le garde des sceaux. Messieurs, j'ai salué Barrés en dépit de l'éloignement de nos conceptions sur ce point ; je n'ai pas besoin d'insister.
Mais je dois rappeler, puisque, à l'évidence, sa parole n'est pas éteinte en vous, la phrase que prononça Jaurès : « La peine de mort est contraire à ce que l'humanité depuis deux mille ans a pensé de plus haut et rêvé de plus noble. Elle est contraire à la fois à l'esprit du christianisme et à l'esprit de la Révolution.»
En 1908, Briand, à son tour, entreprit de demander à la Chambre l'abolition. Curieusement, il ne le fît pas en usant de son éloquence. Il s'efforça de convaincre en représentant à la Chambre une donnée très simple, que l'expérience récente – de l'école positiviste – venait de mettre en lumière.
Il fit observer en effet que, par suite du tempérament divers des Présidents de la République qui se sont succédés, à cette époque de grande stabilité sociale et économique, la pratique de la peine de mort avait singulièrement évolué pendant deux fois dix ans : 1888-1897, les Présidents faisaient exécuter ; 1898-1907, les Présidents – Loubet, Fallières – abhorraient la peine de mort et, par conséquent, accordaient systématiquement la grâce. Les données étaient claires : dans la première période où l'on pratique l'exécution : 3 066 homicides ; dans la seconde période, où la douceur des hommes fait qu'ils y répugnent et que la peine de mort disparaît de la pratique répressive : 1 068 homicides, près de la moitié.
Telle est la raison pour laquelle Briand, au-delà même des principes, vint demander à la Chambre d'abolir la peine de mort qui, la France venait ainsi de le mesurer, n'était pas dissuasive.
Il se trouva qu'une partie de la presse entre­prit aussitôt une campagne très violente contre les abolitionnistes. Il se trouva qu'une partie de la Chambre n'eut point le courage d'aller vers ces sommets que lui montrait Briand. C'est ainsi que la peine de mort demeura en 1908 dans notre droit et dans notre pratique.
Depuis lors – soixante-quinze ans – jamais une assemblée parlementaire n'a été saisie d'une demande de suppression de la peine de mort.
Je suis convaincu – cela vous fera plaisir – d'avoir certes moins d'éloquence que Briand mais je suis sûr que, vous, vous aurez plus de courage et c'est cela qui compte.
M. Albert Brochard. Si c'est cela le courage !
M. Robert Aumont. Cette interruption est malvenue !
M. Roger Corrèze. Il y a eu aussi des gouvernements de gauche pendant tout ce temps !
M. le garde des sceaux. Les temps passèrent.
On peut s'interroger : pourquoi n'y a-t-il rien eu en 1936 ? La raison est que le temps de la gauche fut compté. L'autre raison, plus simple, est que la guerre pesait déjà sur les esprits. Or, les temps de guerre ne sont pas propices à poser la question de l'abolition. Il est vrai que la guerre et l'abolition ne cheminent pas ensemble.
La Libération. Je suis convaincu, pour ma part, que, si le Gouvernement de la Libération n'a pas posé la question de l'abolition, c'est parce que les temps troublés, les crimes de la guerre, les épreuves terribles de l'occupation faisaient que les sensibilités n'étaient pas à cet égard prêtes. Il fallait que reviennent non seulement la paix des armes mais aussi la paix des cœurs.
Cette analyse vaut aussi pour les temps de la décolonisation.
C'est seulement après ces épreuves historiques qu'en vérité pouvait être soumise à votre assemblée la grande question de l'abolition.
Je n'irai pas plus loin dans l'interrogation – M. Forni l'a fait – mais pourquoi, au cours de la dernière législature, les gouvernements n'ont-ils pas voulu que votre Assemblée soit saisie de l'abolition alors que la commission des lois et tant d'entre vous, avec courage, réclamaient ce débat ? Certains membres du Gouvernement – et non des moindres – s'étaient déclarés, à titre personnel, partisans de l'abolition mais on avait le sentiment à entendre ceux qui avaient la responsabilité de la proposer, que, dans ce domaine, il était, là encore, urgent d'attendre.
Attendre, après deux cents ans !
Attendre, comme si la peine de mort ou la guillotine était un fruit qu'on devrait laisser mûrir avant de le cueillir !
Attendre ? Nous savons bien en vérité que la cause était la crainte de l'opinion publique. D'ailleurs, certains vous diront, mesdames, messieurs les députés, qu'en votant l'abolition vous méconnaîtriez les règles de la démocratie parce que vous ignoreriez l'opinion publique. Il n'en est rien.
Nul plus que vous, à l'instant du vote sur l'abolition, ne respectera la loi fondamentale de la démocratie.
Je me réfère non pas seulement à cette conception selon laquelle le Parlement est, suivant l'image employée par un grand Anglais, un phare qui ouvre la voie de l'ombre pour le pays, mais simplement à la loi fondamentale de la démocratie qui est la volonté du suffrage universel et, pour les élus, le respect du suffrage universel.
Or, à deux reprises, la question a été directement – j'y insiste – posée devant l'opinion publique.
Le Président de la République a fait connaître à tous, non seulement son sentiment personnel, son aversion pour la peine de mort, mais aussi, très clairement, sa volonté de demander au Gouvernement de saisir le Parlement d'une demande d'abolition, s'il était élu. Le pays lui a répondu : oui.
[…]
M. le garde des sceaux. Le plus haut magistrat de France, M. Aydalot, au terme d'une longue carrière tout entière consacrée a la justice et, pour la plupart de son activité, au parquet, disait qu'à la mesure de sa hasardeuse application, la peine de mort lui était devenue, à lui magistrat, insupportable. Parce qu'aucun homme n'est totalement responsable, parce qu'aucune justice ne peut être absolument infaillible, la peine de mort est moralement inacceptable. Pour ceux d'entre nous qui croient en Dieu, lui seul a le pouvoir de choisir l'heure de notre mort. Pour tous les abolitionnistes, il est impossible de reconnaître à la justice des hommes ce pouvoir de mort parce qu'ils savent qu'elle est faillible.
Le choix qui s'offre à vos consciences est donc clair : ou notre société refuse une justice qui tue et accepte d'assumer, au nom de ses valeurs fondamentales – celles qui l'ont faite grande et respectée entre toutes – la vie de ceux qui font horreur, déments ou criminels ou les deux à la fois, et c'est le choix de l'abolition ; ou cette société croit, en dépit de l'expérience des siècles, faire disparaître le crime avec le criminel, et c'est l'élimination.
Cette justice d'élimination cette justice d'angoisse et de mort, décidée avec sa marge de hasard, nous la refusons. Nous la refusons parce qu'elle est pour nous l'anti-justice, parce qu'elle est la passion et la peur triomphant de la raison et de l'humanité.
[…]
 Demain, grâce à vous, la justice française ne sera plus une justice qui tue. Demain, grâce à vous, il n’y aura plus, pour notre honte commune, d’exécutions furtives, à l’aube, sous le dais noir, dans les prisons françaises. Demain, les pages sanglantes de notre justice seront tournées.
À cet instant plus qu'à aucun autre, j'ai le sentiment d'assumer mon ministère, au sens ancien, au sens noble, le plus noble qui soit, c'est-à-dire au sens de « service ». Demain, vous voterez l'abolition de la peine de mort. Législateur français, de tout mon cœur, je vous en remercie. (Applaudissements sur les bancs des socialistes et des communistes et sur quelques bancs du rassemblement pour la République et de l'union pour la démocratie française Les députés socialistes et quelques députés communistes se lèvent et applaudissent longuement.)